Présenté par Le Sunset (L-1017720-721-722)
En 2020 suite à des « situations difficiles » l’harmoniciste avait perdu l’envie de composer et de raconter des histoires. Cela arrive à un moment de leur vie à beaucoup de musiciens de jazz. Aujourd’hui il a retrouvé joie harmonie et sérénité. Et cela s’entend tout au long de son nouvel album !Acte de résistance ? Plutôt de résilience.
En choisissant de lâcher prise Ker Ourio a fait confiance à son désir soudainement renouvelé de composer de belles mélodies dansantes. « Jouer de l’harmonica c’est être quasiment chanteur. »
Et cela se vérifie dès la première plage du CD. Par la fluidité naturelle de son phrasé et la précision de sa mise en place par la variété du timbre et de ses effets par ses élégantes glissades et feulements sensuels une sorte de « miaulement roucoulé » (Colette) Ker Ourio chante et enchante.
Lors d’un hommage à son Maître Toots en 2023 au Jazz Club de Dunkerque avec André Charlier et Benoît Sourisse tandem gémellaire quasi télépathique il sut qu’il fallait tant la jubilation de jouer ensemble était partagée vite poursuivre ce compagnonnage complice. Évidence : il y a de l’Eddy Louiss chez Sourisse dans sa façon de faire ronronner et rugir son B3 dans un roulis de rythmes chaloupés.
Bonus : sur deux titres on découvre avec bonheur l’alliage inédit de trois timbres d’instrument : les noces voluptueuses de « l’orgue à bouche » avec l’orgue Hammond et le steel drum d’Andy Narell.
Révélation du disque : Mathis Cordier (n’oubliez pas son nom !) guitariste âgé d’à peine de 22 ans et fraîchement arrivé à Paris aux origines triplement ultramarines (Réunion, Guyane et Îles Marquises) qui reprend ici à sa manière libre et singulière le témoin que lui transmet d’outre-tombe Sylvain Luc.
Pascal Anquetil – CHOC JAZZMAGAZINE AVRIL 2026