GoGo Penguin, le "power trio" de Manchester et son jazz hybride, nourri aux influences classiques et électroniques, célèbre bientôt ses 15 années d’existence. 15 ans d’un parcours aussi atypique que brillant, qui en a fait l’un des fleurons du renouveau du jazz actuel. Leur musique, à la fois immersive et énergique, repose sur un jeu d’ensemble précis, entre mélodies entêtantes au piano, rythmes imprévisibles, basse puissante et batterie percutante. Avec leur dernier album "Necessary Fictions" (Sony Music, 2025), Chris Illingworth (piano), Nick Blacka (basse) et Jon Scott (batterie) poussent encore un peu plus loin l’audace et la liberté, intégrant à leur instrumentarium des synthétiseurs modulaires, le Moog Grandmother et une basse électrique tout en conservant leur identité : des boucles obsédantes, des montées en tension, des variations de tempo et des respirations plus apaisées. Une ambiance finalement très cinématographique qui leur a aussi ouvert les portes du 7ème Art, avec les bandes originales de "Memento Mori" (Jean Heches, 2022) ou du tout récent "Juste une illusion" (Eric Toledano et Olivier Nakache, 2026). Un groupe incontournable donc, qui parle au corps autant qu’à l’esprit !
La musique de Daudi Matsiko, songwriter britannique d'origine ougandaise, est fragile, spirituelle, désarmante et d'une honnêteté saisissante. Son premier album "The King Of Misery" (Really Good, 2024) est une exploration à la fois poignante et lumineuse de la dépression, du trouble bipolaire et de la manière dont l’espoir peut naître de ces expériences. Sa voix fragile mais habitée, ses textes profonds et ses mélodies folk contemporaines donnent à ses chansons une intensité rare. Des chansons feutrées, chuchotées, caressées… Un chant comme une confession, porté par les cordes à peine effleurées d’une guitare. Chaque note, chaque syllabe, brille par sa présence ou par son absence ; un incroyable et délicat dialogue entre la musique et l’âme de son auteur, dont on ne sait plus bien au fil des écoutes qui accompagne l’autre.